• October 27, 2020

Affaire Soumaïla Cissé : un silence qui inquiète

 Affaire Soumaïla Cissé : un silence qui inquiète

Soumaila Cissé en captivité, canalafrique.info

CANALAFRIQUE MAGAZINE – Dans les rues de Bamako, plusieurs centaines de personnes se sont donné rendez-vous le 25 juin 2020, pour réclamer la libération du Chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé. Détenu depuis plus de 100 jours, le candidat a été enlevé par des hommes armés mais son enlèvement n’a jamais été revendiqué par un groupe armé. 

Dès les premiers jours, silence radio du côté de la presse sous-régionale et occidentale. Sa disparition n’a pas automatiquement été relayée, sans doute parce qu’elle coïncidait avec la pandémie de coronavirus. 

L’URD semble être seule dans son combat pour la libération de son Chef de file, Soumaïla Cissé. Enlevé depuis le 25 mars alors qu’il faisait campagne pour les législatives, non loin de son fief électoral de Niafunké, il a fallu au moins une semaine pour que le gouvernement nomme une cellule de crise pour sa libération. 

Même cas du côté des politiques africains qui ont tardé à réagir. Un mois après sa disparition, un appel, datant du 22 avril, a été lancé par des personnalités africaines, à l’initiative de l’ancien ministre malien de la Justice, Me Mamadou Konaté. Parmi ces 25 signataires, on peut lire : Khalifa Ababacar SALL, homme politique sénégalais et ancien maire de Dakar, Cellou DALEIN DIALLO, chef de file de l’opposition guinéenne, Bernard VATIER, Avocat à la Cour et Secrétaire général de la Conférence Internationale des Barreaux francophones France, etc. 

Le document souligne l’inquiétude des proches et « des soutiens (de Soumaïla Cissé) tant au Mali qu’à l’étranger ». D’autant que « les motifs de son enlèvement restent méconnus » et que « ses ravisseurs, étrangement, n’ont à ce jour exprimé aucune revendication ».

Aujourd’hui, l’action des signataires pour dénouer cette affaire avance au ralenti. 

Au Sénégal, des journalistes sénégalais ont essayé de trouver une solution en se rapprochant de son Directeur de protocole, Amadou Coulibaly. Une des journalistes, Ghislaine Goudiaby, a essayé de lui proposer un médiateur africain pour accélérer la libération, le 11 avril 2020. Seulement, 8 jours après la proposition, le décès d’Amadou Coulibaly est annoncé le 18 avril, dans un communiqué de l’URD. 

Un dossier en instance qui risque de tomber dans l’oubli

« Ce silence du gouvernement ne nous rassure pas. On nous dit que les négociations sont en cours et que Soumaïla Cissé se porte bien. Alors pourquoi ont-ils besoin d’autant de temps pour le faire libérer ? Ils nous disent que le dossier doit être traité dans la plus grande discrétion. Seulement, nous n’avons pas de nouvelles qui nous informent sur l’avancement du dossier. Ce silence est presque inacceptable. On croirait que tout est fait pour que notre leader tombe dans l’oubli », s’indigne un membre du Collectif pour la libération de Soumaïla Cissé. 

Pour l’heure, le Président malien, Ibrahim Boubacar Keïta assure que les négociations sont en cours. Pour témoigner de sa solidarité, son fils, Karim Keïta a posté la photo du Chef de l’opposition malienne sur son profil twitter.

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